Complications après l’opération de la myopie

Risques et complications après l’opération de la Myopie

L’opération de la myopie présente certains risques et peut être émaillée de complications post-opératoires. Les complications du lasik sont heureusement rares.

 

On peut les classer en risques réfractifs et non réfractifs.

Risques réfractifs : les défauts visuels résiduel

La sous correction après une opération de la myopie se traduit par une myopie résiduelle.

Elle peut être liée à un épithélium cornéen épais ou un remodelage de la cornée dans la phase de cicatrisation qui suit l’opération. Plus rarement il peut s’agir d’une erreur de détermination de la puissance de la myopie.

Après l’opération, la vision n’est pas nette de loin d’un œil ou des deux yeux. Mais, elle est nette de près.

risques et complications après l'opération, sous correction

Cette complication nécessite, si le patient le souhaite, la réalisation d’une retouche car l’acuité visuelle n’est pas satisfaisante. Cette retouche peut être effectuée que si l’épaisseur cornéenne est suffisante et dans un délai d’un mois pour le LASIK simple ou avec le laser Femtoseconde. Le délai sera de trois mois pour une chirurgie au laser Excimer de surface. Elle ne fera pas l’objet d’une facturation si celle-ci est réalisée dans l’année qui suit l’opération. Néanmoins, si le patient ne souhaite pas de retouche, il sera toujours possible d’opter pour une correction optique par lunettes ou lentilles. Dans certains cas, la sous correction peut être souhaitable. Elle permettra de retarder les effets de la presbytie en cas de myopie résiduelle chez un patient déjà presbyte.

 

La sur-correction se traduit par une hypermétropie induite.

Elle est plus rare que la sous correction. Elle peut être due à une opération qui dure trop longtemps. La déshydratation de la cornée peut expliquer la sur-

correction.

Après l’opération, la vision est nette de loin. Mais il est difficile de lire de près pendant longtemps. Ce phénomène est le plus souvent transitoire. Une retouche peut donc être nécessaire si cette sur correction reste ou ne rentre pas dans l’ordre spontanément.

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L’altération de la qualité de vision

Le capot  réalisé peut, dans certains cas, altérer la qualité de vision.

 

 

Cette altération peut être associée ou non à une perte de la meilleur acuité visuelle. Ainsi même avec des verres correcteurs adaptés, la vision peut rester basse. L’altération de la qualité de vision va de paire avec l’importance de la myopie traitée. Elle toucherais ainsi près de 8,8% des myopie forte au delà de -10 dioptrie.

Dans les suites à l’opération, la vision obtenue est n’a jamais été bonne de loin comme de près. L’image d’une lumière Led est déformée. Il existe de plus des halos autour des lumières. La vision  peut être double et il peut y avoir des éblouissements ou une gêne à la conduite automobile. Ce risque peut s’estomper avec le temps à condition de ne pas se concentrer dessus. Le cas échéant, une retouche guidée par abérrométrie peut être réalisé en l’absence de régression spontanée.

L’altération de la qualité de vision peut être due à :

-un mauvais centrage du traitement laser ou du capot cornéen,

-des plis se formant sur le capot,

-au déplacement du volet ou une découpe irrégulière,

-prolifération de cellules épithéliales sous le volet, qui peut se traduire par une photophobie, sensation de corps étrangers et altération de la vision si elle touche l’axe visuel. Elle peut nécessiter un traitement spécifique.

-déformation de la cornée (astigmatisme induit, pseudo kératocône, ectasie cornéenne). Ce risque est réduit par  l’utilisation des nouvelles techniques, notamment avec le Laser Femtoseconde.

– L’altération de la vision peut dans le cas d’une chirurgie réfractive par laser excimer de surface être du à un haze cornée.

 

 

Risques non réfractifs

 

Sensibilité transitoire à la lumière.

Le syndrome de sensibilité à la lumière se manifeste entre 2 à 6 semaines après l’opération, dans 1% des cas, avec l’utilisation du laser Femtoseconde. Cette sensibilité peut être plus ou moins gênante selon les patients, mais aucune baisse de l’acuité visuelle n’est observée. Un traitement par stéroïdes topiques est prescrit pendant 10 jours.

 

Spectre de lumière en vision périphérique

Ce phénomène temporaire est décrit par les patients comme étant une perception ressemblant à un spectre de lumière situé en périphérie de la vision (touche seulement 0,003% des cas). Il n’y a pas de baisse de l’acuité visuelle. Cependant, les effets diffractifs peuvent s’avérer gênants pour certains patients. Ils disparaissent généralement trois mois suite à l’opération mais peuvent persister.

 

Sécheresse oculaire

Elle apparaît de manière transitoire suite à l’opération de la myopie sous la technique du LASIK. Elle se traduit par des yeux qui piquent. La sécheresse oculaire est responsable de fluctuation de la vision. Le travail sur écran peuvent aggraver ce phénomène. Afin de soulager le patient, il est prescrit un traitement par instillation d’un collyre pendant plusieurs mois.

 

Ectasie cornéenne, ou kératocône iatrogène

Il s’agit d’une complication grave due à la technique du LASIK. La cornée présente une déformation progressive avec augmentation de la cambrure centrale ainsi que des irrégularités accentuées. La fonction visuelle régresse progressivement. On note l apparition d’une myopie et d’un astigmatisme. Il est noté un bombement de la face antérieur et postérieur de la cornée, avec amincissement. Non traitée, elle peut motiver une greffe de la cornée . Le facteur de risque principal de l’ectasie est la présence d’un kératocône infra clinique pré-opératoire.

 

Infection de la cornée

Elle est de nature exceptionnelle. Cette complication peut aboutir, dans les cas les plus sévères, à la formation d’un abcès de cornée puis d’une cicatrice cornéenne. Elle peut être de forme rapide. Le tableau inflammatoire est important et survient dans la semaine qui suit l’opération. Elle peut être plus lente, moins inflammatoire. Les foyers sont multiples. La vision peut alors être altérée définitivement.

 

Inflammation de la cornée ou kératite lamellaire diffuse ou sos syndrome

Il est possible que des cellules inflammatoires prolifèrent dans les lamelle cornéenne. Cette complication peut survenir dans les deux premières semaines après l’intervention. Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité à des composants venant des larmes ou de la flore microbienne de la surface de l’œil.

Dans les formes bénignes, l’acuité visuelle est conservée, mais une impression de « voile » est ressentie, limitant la vision. La photophobie peut être légère ou inexistante. Le traitement passe par l’instillation de gouttes de cortisone pendant une à deux semaines.

Dans les formes sévères mais plus rares, l’acuité est diminuée par l’intensité de la réaction inflammatoire. La photophobie est importante. L’examen à la lampe à fente retrouve des dépôts fins granuleux , blanchâtres. Ces dépôts modifient la forme de la cornée et entrainent une tendance vers l’hypermétropie. Ils peuvent faire apparaitre un astigmatisme irrégulier. Elles nécessitent parfois une nouvelle intervention.

 

Invasion épithéliale de l’interface

Cette complication est due au passage de cellules épithéliales de la cornée sous le volet de cornée réalisé.

Elle est favorisée par un défect de l’épithélium de la cornée. Elle peut être associé à une altération de la membrane basale de l’épithélium cornée. Il existe des prédisposition génétique car les formes bilatérales représentent près de 16 % des cas. Elle est plus fréquente en cas de retouche.

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Invasion épithéliale

Il s’agit le plus souvent, de micro invasions n’affectant ni l’acuité visuelle, ni l’adhérence du volet au stroma.  Elle peut rester stable ou progresser lentement.Elle peut être asymptomatique Elle survient surtout avec le lasik avec lame. Elle est rare avec le femtoseconde. Le développement de ces cellules peut entrainer une déformation localisée du volet avec induction d’un astigmatisme irrégulier. Dans les cas plus sévères elle peut entrainer une baisse de la vision, des douleurs, des altération de la qualité de vision tel que des éblouissement, une vision double des halos.

Le traitement consiste à réaliser une nouvelle intervention afin de nettoyer l’interface située dans la cornée. Le traitement avant tout  est préventif : préférer le lasik avec femtoseconde plutôt qu’avec lame, le soulèvement du volet doit ménager l’épithélium. Il ne doit pas être arraché. Les bords du volet ne doivent pas subir de traction avec une pince et un lavage soigneux de l’interface doit être réalisé systématiquement .

 

Le haze

Cette complication est exclusivement vue après chirurgie par laser Excimer de surface.

Haze

Le haze apparaît entre un et trois mois après l’opération. Il s’agit d’une prolifération de fibroblastes sous l’épithélium cornéen. Elle est apparentée à une réaction inflammatoire. Le haze est favorisé par l’exposition aux rayons ultra-violet. Elle s’accompagne d’une régression de l’effet de la correction, une légère myopie ou un astigmatisme peuvent donc réapparaître.

Il se manifeste par des opacités blanchâtres à la surface de la cornée lors de l’examen à la lampe à fente.La prévention du haze repose sur le respect de la profondeur d’ablation qui doit être inférieur à 80 ou 100 microns selon les cas, ainsi qu’à absence exposition solaire après l’opération. C’est essentiellement pour cette raison que la technique PKR s’adresse essentiellement aux myopies faibles. Le haze peut régresser spontanément, ou par la prise de corticoïdes appliqués localement en plusieurs mois.

(mis à jour le 26 mai 2017)